Bonne nouvelle : les cartes 3D de dernière génération sont accessibles à toutes les bourses. NVidia décline ainsi son architecture GeForce 8 de l’entrée au haut de gamme avec quatre nouveaux modèles (GeForce 8800 Ultra, 8600 GTS, 8600 GT et 8500 GT) venant s’ajouter aux trois existants (GeForce 8800 GTX, 8800 GTS 640 et 320 Mo).
Près de six mois après avoir lancé la première puce 3D compatible DirectX 10 (voir SVM n° 254, p. 74) – la nouvelle interface de programmation de Microsoft qui gère notamment l’affichage des jeux –, la firme au caméléon enfonce le clou. Car son concurrent ATI, propriété d’AMD, va lui aussi lancer, mi-mai, ses puces DirectX 10. Et pour rattraper son retard sur les GeForce 8 qui occupent le terrain depuis l’hiver dernier, ATI va proposer pas moins de dix nouvelles cartes pour PC de bureau et portables : les Radeon HD 2000.
Nous avons eu entre les mains la plus véloce d’entre elles, la Radeon HD 2900 XT. Ses caractéristiques sont impressionnantes : 700 millions de transistors gravés en 80 nanomètres, 320 unités de calcul et un bus mémoire de 512 bits, le premier du genre.
Son processeur graphique (GPU) est cadencé à 740 MHz et ses 512 Mo de DDR3 à 825 MHz offrent une bande passante de 106 Go/s ! Résultat : comparée à l’ex-meilleure puce d’ATI, la Radeon X1950 XTX, elle affiche un gain de performances de 50 % sur le jeu Fear en 1 600 x 1 200. Mieux, pour le même prix, soit 400 €, la Radeon HD 2900 XT surpasse nettement sa rivale, la GeForce 8800 GTS 620 Mo. Du coup, nVidia devrait baisser son prix à 370 € environ.
Mais la GeForce 8800 GTX, plus onéreuse, reste hors de portée de la carte d’ATI. Et sans attendre qu’une probable future Radeon HD 2900 XTX cherche à lui contester sa prédominance, nVidia sort la GeForce 8800 Ultra.
C’est la grande sœur de la 8800 GTX : même taille impressionnante (27 x 13,5 x 3,5 cm), même nombre de transistors (681 millions gravés en 90 nm) et même nombre d’unités de calcul (128). La principale différence réside dans l’augmentation des fréquences : le GPU passe de 575 à 612 MHz, les unités de calcul de 1 350 à 1 512 MHz et la mémoire de 900 à 1 080 MHz.
La GeForce 8800 Ultra bénéficie également d’une optimisation de ses circuits censée réduire ses besoins énergétiques. Ce n’est pas vraiment le cas puisque nous avons mesuré une augmentation de la consommation à pleine charge sur notre machine de référence (271 W, contre 240 W avec la 8800 GTX).
La geforce 8800 GTX, 550 € : taillée pour les hard-core gamers

Les performances sont toutefois au rendez-vous avec un gain d’environ 10 %, ce qui en fait la carte graphique la plus puissante du moment. De quoi profiter des titres les plus récents, tous les détails poussés à fond et en activant des fonctions telles que l’anticrénelage, le filtrage anisotropique ou l’éclairage dynamique, à des définitions de 1 600 x 1 200, 1 920 x 1 200, voire 2 560 x 1 600. De quoi aussi faire tourner les prochains jeux DirectX 10 de manière fluide.
Bien entendu, rien ne sert d’investir dans une carte pareille si on n’a pas un écran de 24” au minimum et une configuration musclée (processeur double cœur, 2 Go de mémoire vive). D’autant que la GeForce 8800 Ultra coûte la bagatelle de 700 € !
Les hard-core gamers trouveront mieux leur compte avec la 8800 GTX, que l’on peut dénicher à 550 €. Si vous êtes prêt à faire quelques concessions – en désactivant certaines fonctions et en vous limitant à 1 600 x 1 200 (ou 1 024 x 768 avec les jeux DirectX 10) – mieux vaut prendre la GeForce 8800 GTS 320 Mo à 300 €, un vrai bon plan.
Pour les moins fortunés, nVidia propose les GeForce 8600 GTS, 8600 GT et 8500 GT, qui s’affichent respectivement à 200, 150 et 100 €. Mais leurs performances sont plutôt faiblardes.
La 8600 GTS fait à peine mieux que la 7900 GS, aujourd’hui en fin de vie, qui ne vaut pourtant que 180 €. Certes, elle a l’avantage de supporter DirectX 10, mais ne comptez pas jouer à plus de 1 024 x 768 avec les prochains titres compatibles.
Le véritable atout des GeForce 8 de milieu et d’entrée de gamme réside dans leur tout nouveau moteur vidéo taillé pour la haute définition. Un décodage 100 % matériel de l’image (mais pas du son) prenant en compte les principaux codecs HD (H.264 et VC-1), déchargeant ainsi le processeur du PC, qui peut vaquer à d’autres occupations.
Les GeForce 8600 et 8500 GT vont être déclinées en version mobile sur des machines équipées de lecteurs HD-DVD ou Blu-ray. Sur ce créneau, nVidia devra aussi compter avec ATI, qui a doté ses Radeon HD 2300, 2400 et 2600 d’un moteur de décodage HD gérant en plus le son 5.1. Gravées en 65 nm pour une consommation électrique moindre, elles seront intégrées dans les ordinateurs portables dès le mois de juillet. Une belle moisson d’été en perspective.
PUCES 3D : NOTRE CLASSEMENT
| Puce 3D | Performances moyennes |
Prix ( à partir de) |
| nVidia GeForce 8800 Ultra 768 Mo (612/1 080) | 99,2 | 700 € |
| nVidia GeForce 8800 GTX 768 Mo (575/900) | 98,4 |
550 € |
| ATI Radeon HD 2900 XT 512 Mo (740/825) |
92 |
400 € |
| nVidia GeForce 8800 GTS 640 Mo (500/800) | 90,9 |
400 € |
| ATI Radeon X1950 XTX 512 Mo (650/1 000) | 87,2 |
350 € |
| nVidia GeForce 8800 GTS 320 Mo (500/800) | 87 |
300 € |
| ATI Radeon X1900 XT 512 Mo (625/725) | 82,7 |
300 € |
| ATI Radeon X1950 Pro 256 Mo (600/700) | 77,4 |
200 € |
| nVidia GeForce 8600 GTS 256 Mo (675/1 000) | 75,7 |
200 € |
| nVidia GeForce 8600 GT 256 Mo (540/700) |
72,2 |
150 € |
| ATI Radeon X1650 Pro 256 Mo (590/690) |
64,7 |
100 € |
| nVidia GeForce 8500 GT 256 Mo (450/400) | 61,2 |
100 € |