Vous allez débattre d’un texte de loi qui voudrait résoudre le problème de l’échange illicite d’œuvres culturelles sur Internet par la répression.
Ce texte est issu du rapport Olivennes, dont les propositions ne sont, en l’état, pas satisfaisantes. Pire, nous considérons que ces mesures aggraveraient la situation. La suite
Jacques Attali, qui a déjà exprimé son opinion en défaveur de le projet de loi Hadopi, revient, en dix points, sur le coeur du débat.
Jacques Attali a pris sa plume pour faire le point sur la loi Création et internet, alias Hadopi. Un point sous forme de dix propositions ordonnées, argumentées et expliquées sur le site d'information Slate.fr.
L'économiste et essayiste n'en est pas à sa première intervention dans le débat. En mars dernier déjà, une de ses chroniques sur le site de l'Express, intitulée Une loi absurde et scandaleuse, avait aussitôt déclenché la réaction de 17 auteurs et cinéastes, comme Bertrand Tavernier.
Il n'avait fallu que quelques jours à Jacques Attali pour leur répondre, en détaillant d'avantage, et avec force de pédagogie, son argumentaire économique.
Les dix principes d'Attali
Le 27 avril dernier, l'économiste est donc revenu à la charge en repositionnant le débat autour de dix principes, concernant la problématique de la création à l'heure du numérique. Parmi ceux-ci, soulignons en cinq.
Tout d'abord, la gratuité des contenus sur internet ne signifie pas pour autant que le travail de création et de production n'est pas rémunéré. Au contraire, une licence globale est une des solutions proposées par l'économiste pour financer cette nécessaire rétribution. Une licence globale à laquelle les fournisseurs d'accès à internet contribueraient puisqu'ils sont les principaux bénéficiaires du téléchargement selon Jacques Attali (interpellé sur ce point, Maxime Lombardini de Free a dit clairement ce qu'il en pensait lors du débat que nous avons organisé avec les diffuseurs de musique !). Mais une licence globale ne fait pas tout : il faut aussi que les artistes, producteurs, distributeurs, majors soient inventifs pour accompagner l'évolution technologique (cinéma 3D, mico-paiement, etc.).
Autre point important : le téléchargement est un "facteur de développement" selon Jacques Attali, puisque les internautes qui téléchargent le plus sont aussi ceux qui achètent le plus de CD et se rendent aux concerts.
L'économiste n'oublie pas non plus de rappeler que la loi Création et Internet est déjà dépassée puisqu'elle n'encadre pas la pratique du streaming, méthode de consommation en ligne qui connaît un fort engouement et remplace, de plus en plus, celle du téléchargement.
Si Jacques Attali ne révolutionne pas le débat, il a le mérite de concentrer en quelques points le coeur du débat. Et d'ajouter son nom illustre à ceux des opposants au texte en cours de discussion à l'Assemblée nationale.
29.12.2009 par Steven James