Vous allez débattre d’un texte de loi qui voudrait résoudre le problème de l’échange illicite d’œuvres culturelles sur Internet par la répression.
Ce texte est issu du rapport Olivennes, dont les propositions ne sont, en l’état, pas satisfaisantes. Pire, nous considérons que ces mesures aggraveraient la situation. La suite
Loi antipiratage, rachat d'Alice, téléphonie mobile... c'est le menu épicé que nous a servi Free aujourd'hui.
Ce midi, les dirigeants de Free (groupe Iliad) ont tenu une conférence de presse pour présenter leurs résultats. Mais les sujets abordés ont été bien plus larges, et les déclarations percutantes.
En marge des chiffres financiers, Xavier Niel, le fondateur de Free, a été plusieurs fois interpellé par les journalistes présents (dont nous !) sur la future loi Création et Internet (ex Hadopi), pour sa récente prise de position, dont nous nous faisons écho dans le numéro de septembre de SVM (n°273, actuellement en kiosque) - l'article est en ligne sur notre site.
Il a confirmé une nouvelle fois qu'il était farouchement opposé à certaines dispositions du texte présenté par le ministère de la Culture fin juin. Notamment concernant le filtrage, qu'il juge intrusif et dangereux. Il a précisé que Free ne mettrait pas en place les mesures de filtrage telles qu'elles sont envisagées aujourd'hui.
Xavier Niel est par ailleurs revenu sur la signature des accords de l'Elysée, qui ont précédé le projet de loi Création et Internet, et a lâché : « j'ai signé une feuille blanche ». Lors des consultations présidées par Denis Olivennes, missionné pour trouver un remède au piratage des œuvres sur le Net par Nicolas Sarkozy, les différentes parties auraient été consultées séparément. Xavier Niel laisse entendre qu'on lui a raconté un texte, qu'il n'a pas eu entre les mains, ce qui revient selon lui à avoir signé une page blanche.
Xavier Niel n'a pas dit ce jour-là s'il irait jusqu'à signer notre appel - depuis, c'est ce qu'il a fait, vous retrouverez son nom dans la liste des "signataires militants". Reste que ses déclarations vont faire du bruit. Et on espère qu'elles arriveront jusqu'aux oreilles des parlementaires, qui vont bientôt devoir se prononcer sur le projet de loi.
Autre prise de position percutante de la part du fondateur de Free, cette fois à l'intention d'Orange. Il estime que son offre foot est « illégale », qu'elle devrait être considérée comme de la « vente liée ». Certes, Free a perdu une première bataille, puisque le tribunal de commerce de Paris a rejeté le référé contre Orange portant sur ce sujet précisément. Mais Xavier Niel dit qu'il ne s'arrêtera pas là.
Concernant le rachat d'Alice, la marque, qui appartient désormais à Iliad, continuera d'exister. Simplement, on ne sait pas pour combien de temps. Mais Xavier Niel a parlé, par exemple, d'une campagne de publicité sous la marque Alice, pour septembre. « Il n'y a pas d'offre de migration mise en place », insiste-t-il aussi. Les abonnés Alice doivent être fidélisés, a-t-il même indiqué. L'assistance téléphonique totalement gratuite d'Alice est donc pérennisée de fait. Iliad s'appuie d'ailleurs sur cet argument pour montrer l'intérêt d'Alice. Tous les autres avantages sont chez Free, pouvait-on comprendre.
L'objectif avec Alice est toutefois de « tendre vers une offre Free ». Les abonnés devraient assister à terme à « un rapprochement » des offres. À notre question sur la prochaine AliceBox, Xavier Niel a répondu qu'elle embarquerait sûrement des composants de Freebox.
Thomas Reynaud, le directeur financier d'Iliad, a parlé du rachat comme d'une « bonne affaire » avec plusieurs impacts positifs. Les 4 millions de clients ainsi rassemblés (3,25 millions chez Free + 850 000 abonnés Alice) vont jouer en la faveur de Free pour négocier des partenariats télé notamment. Ils vont aussi permettre d'amortir les coûts de déploiement de la fibre optique ou encore peut-être demain d'un réseau de téléphonie mobile. Le déficit d'Alice sera utilisé fiscalement. Même si l'objectif est de rapprocher Alice de l'économie de Free, en d'autres termes d'aller vers une offre rentable. Pour cela, les dirigeants vont travailler sur le taux de dégroupage au sein des abonnés Alice, qui permet d'accroître considérablement l'Arpu (le revenu par abonné). On imagine aussi que des coupes vont avoir lieu au sein des équipes Alice... mais, selon Iliad, il est trop tôt pour le dire.
Sur la fibre optique, Maxime Lombardini, le directeur général d'Iliad, a souhaité rester positif. Il a fait référence à la loi sur la modernisation de l'économie, qui devrait accélérer le déploiement, notamment en fixant un cadre sur la mutualisation des équipements entre opérateurs.
« On doit encore se mettre d'accord sur le point de raccordement (l'endroit où les opérateurs pourront se brancher sur les installations en place, NDLR), on a aussi un souci à régler sur le prix de l'offre d'accès aux fourreaux (des gaines techniques, NDLR) de France Télécom ». Les objectifs de déploiement sont maintenus : 70% de la capitale sera raccordée à la fibre (au pied des immeubles et non jusqu'aux appartements) par Free au cours du deuxième semestre 2009.
La téléphonie mobile est évidemment l'autre sujet de préoccupation majeure pour l'opérateur. L'équipe dirigeante semble confiante, elle a en tout cas le sentiment que ses arguments sur la nécessité de voir apparaître un quatrième opérateur mobile ont été entendus. L'Arcep, le grand régulateur de ce marché, doit révéler ses conclusions à la fin du mois de septembre...
Tout cela promet une grosse actualité pour les mois qui viennent.
29.12.2009 par Steven James