De simple moteur de recherche, Google s’est mué en “hub”
La société civile des producteurs de phonogrammes en France tire à boulets rouges sur tous les autres secteurs et les internautes... et plaide pour des DRM interopérables.
Lors de sa dernière assemblée générale, la Société Civile des producteurs de phonogrammes en France n'a pu que constater la « chute dramatique » des ventes de disque : -47% entre la fin 2002 et le début 2007.
La SPPF, qui représente les producteurs indépendants, donc des labels assez petits, interpelle les pouvoirs publics, en demandent un véritable plan de sauvetage de l'industrie musicale.
Point intéressant du discours tenu dorénavant par la SPPF : elle n'hésite plus à opposer l'industrie musicale aux autres acteurs, un peu comme si celle-ci était devenue le dindon de la farce. C'est non seulement l'industrie de l'internet qui est ainsi montrée du doigt et presque accusée d'avoir fait son beurre sur celle de la musique, mais aussi celle de la radio : « les radios dont les résultats sont, pour certaines d’entre elles, supérieurs à ceux constatés dans l’industrie du luxe ».
Soucieuse de son vocabulaire, la SPPF, en s'en prenant aux FAI et éditeurs de logiciels, ne parle certes pas de vol, mais rappelle qu'ils « ont bénéficié d’un important "transfert d'utilité" »...
Dans ses recommandations, la SPPF place donc en tout premier lieux la surveillance des réseaux d'échanges peer-to-peer : mise en place de radars automatiques et d'amendes forfaitaires.
Elle prend aussi sa part dans le débat sur les protections DRM, en appelant aux développement d'un standard européen interopérable.
Pas un mot, dans ces revendications, de la si controversée loi DADVSI, dont l'entrée en vigueur, faute de moyens de surveillance efficaces, n'a toujours pas enrayé le phénomène.
Elle souhaite aussi augmenter le prix des licences légales de diffusion accordées aux radios, lieux sonorisés et discothèques. Car elles sont, selon elle, « extrêmement faibles et sans aucun rapport avec le service rendu par la musique aux utilisateurs ».
Enfin, la SPPF demande à l'État de mettre à la poche, par l'amélioration de mesures fiscales et de financement de la production.
En décembre dernier, la SPPF avait passé un accord de partenariat avec Dailymotion pour diffuser légalement les clips de ses artistes, en échange d'une quote-part sur les revenus publicitaires du site.